Principes directeurs

Nous nous appuierons sur les commentaires recueillis dans le cadre de cette consultation en ligne pour finaliser nos recommandations et les transposer en messages, outils et ressources à l’intention des consommateurs. Un nouvel ensemble de ressources entourant le Guide alimentaire canadien sera lancé à partir du début de 2018. 

Élément A : Principe directeur no 1

En s’appuyant sur les données probantes disponibles, Santé Canada propose le principe directeur et les recommandations qui suivent. Ceux-ci font ressortir le fait que la consommation régulière d’aliments nutritifs représente le fondement de la saine alimentation.

Principe directeur no 1 : Une variété d’aliments et de boissons nutritifs est le fondement de la saine alimentation.

Santé Canada recommande :

  • Consommation régulière de légumes, de fruits, de grains entiers et d’aliments riches en protéines*, surtout en protéines d’origine végétale.
  • Inclusion d’aliments qui contiennent surtout des lipides insaturés plutôt que des lipides saturés.
  • Consommation régulière d’eau.

*Les aliments suivants sont riches en protéines : légumineuses (comme les haricots secs), noix et graines, produits à base de soya (incluant les boissons de soya enrichies), œufs, poisson et fruits de mer, volaille, viandes rouges maigres (incluant le gibier, comme l’orignal, le cerf et le caribou), lait et yogourt faibles en matières grasses, fromages ayant une faible teneur en sodium et en matières grasses. Il faut éviter de restreindre, chez les jeunes enfants, la consommation de certains aliments nutritifs qui contiennent des matières grasses, comme le lait homogénéisé (3,25 % M.G.).

Ce que cela signifie pour les Canadiens

La majorité des Canadiens ne consomment pas suffisamment de légumes, de fruits et de grains entiers, tandis qu’un grand nombre de Canadiens consomment des boissons riches en sucres. La plupart des Canadiens devront donc faire des choix différents pour suivre les recommandations ci-haut mentionnées.

Il faut augmenter la proportion d’aliments d’origine végétale dans l’alimentation sans nécessairement exclure tous les aliments d’origine animale. Certains aliments d’origine animale, comme par exemple les œufs, le poisson et les fruits de mer, la volaille, les viandes rouges maigres, comme le gibier, le lait et le yogourt faibles en matières grasses, de même que les fromages ayant une faible teneur en sodium et en matières grasses, sont des aliments nutritifs qui peuvent être consommés au quotidien. Il faut toutefois limiter la consommation de certains aliments riches en protéines qui ont une teneur élevée en sodium (p. ex. les noix salées), sucres (p. ex. les yogourts sucrés) ou lipides saturés (p. ex. certains types de viande et de nombreux types de fromage). On peut identifier ces aliments à l’aide du % valeur quotidienne (% VQ) affiché dans le tableau de la valeur nutritive : 5 % VQ ou moins de sodium, sucres ou lipides saturés, « c’est peu », tandis que 15 % VQ ou plus, « c’est beaucoup ».

Une augmentation de la consommation d’aliments d’origine végétale peut aider les Canadiens à :

  • consommer plus d’aliments riches en fibres,
  • consommer moins de viande rouge (bœuf, porc, agneau et chèvre),
  • remplacer les aliments qui contiennent surtout des lipides saturés (p. ex. crème, fromages riches en matières grasses, beurre) par des aliments qui contiennent surtout des lipides insaturés (p. ex. noix, graines, avocats).

Pour suivre ces recommandations, les Canadiens peuvent choisir les aliments et boissons nutritifs suivants :

  • des aliments et boissons qui nécessitent peu ou pas de préparation, comme les légumes et les fruits frais, surgelés ou en conserve, les légumineuses et le poisson en conserve, le tofu, le lait nature ou les boissons d’origine végétale enrichies,
  • des aliments et boissons pré-emballés à des fins de commodité (comme les mélanges à salade prélavés et les fruits pré-coupés) ou pour accroître leur durée de conservation (comme le lait en poudre),
  • des noix, des graines, des poissons gras, des avocats et des huiles végétales plutôt que des aliments riches en matières grasses, par exemple des fromages riches en matières grasses et la crème,
  • des aliments obtenus à l’aide des activités suivantes : jardinage, chasse, trappage, pêche ou récolte.

L’eau naturelle est la boisson de premier choix. La consommation d’eau permet de réduire l’apport de sucres et la fréquence à laquelle les dents sont exposées aux sucres.

Élément B : Principe directeur no 2

En s’appuyant sur les données probantes disponibles, Santé Canada propose le principe directeur et les recommandations qui suivent pour faire ressortir le fait que la consommation régulière d’aliments et de boissons transformés ou préparés avec des quantités élevées de sodium, de sucres ou de lipides saturés peut avoir un impact négatif sur la santé.Santé Canada reconnaît que de tels aliments moins sains peuvent être consommés de temps à autre. Ce qui importe vraiment, c’est ce qu’on mange sur une base régulière.

Santé Canada reconnaît que certaines méthodes de transformation, comme la pasteurisation, ont des effets bénéfiques sur la santé publique. Les aliments transformés ou préparés avec des quantités élevées de sodium, de sucres ou de lipides saturés peuvent toutefois avoir un impact négatif sur la santé.

Principe directeur no 2 : Les aliments et boissons transformés ou préparés riches en sodium, sucres ou lipides saturés nuisent à une saine alimentation.

Santé Canada recommande :

  • Consommation limitée d’aliments transformés ou préparés riches en sodium, sucres ou lipides saturés.
  • Abstention de boissons transformées ou préparées riches en sucres*.

*Parmi les boisons transformées ou préparées qui peuvent avoir une teneur élevée en sucres, on compte les boissons gazeuses, les boissons aromatisées aux fruits, les jus 100 % purs, les eaux aromatisées contenant du sucre ajouté, les boissons énergisantes, les boissons sportives et les autres boissons sucrées chaudes ou froides, comme les laits aromatisés et les boissons d’origine végétale aromatisées.

Ce que cela signifie pour les Canadiens

La consommation d’aliments transformés ou préparés est à la hausse au Canada. Au moins la moitié de la consommation de sucres provient d’aliments et de boissons transformés ou préparés, comme les boissons gazeuses, les produits de boulangerie sucrés, les jus de fruits, les produits de confiserie, les céréales à déjeuner et les produits laitiers sucrés. Plus des trois quarts du sodium consommé par les Canadiens provient d’aliments transformés ou d’aliments préparés au restaurant. Par ailleurs, on observe un apport trop élevé de lipides saturés chez environ la moitié des Canadiens.

Les boissons gazeuses et les boissons aux fruits sont parmi les principales sources de sucres dans l’alimentation des Canadiens. L’abstention de ces boissons et des autres types de boissons riches en sucres contribue à réduire la consommation de sucre, ce qui favorise la santé bucco-dentaire tout en réduisant le risque d’obésité et de diabète de type 2.

On peut identifier les aliments et boissons riches en sodium, sucres ou lipides saturés à l’aide du % valeur quotidienne (% VQ) affiché dans le tableau de la valeur nutritive : 15 % VQ ou plus de sodium, sucres ou lipides saturés, « c’est beaucoup ».

Élément C : Principe directeur no 3

En s’appuyant sur les données probantes disponibles, Santé Canada propose le principe directeur et les recommandations qui suivent pour faire ressortir le fait que les connaissances et les compétences sont des moyens qui favorisent concrètement une saine alimentation en limitant le recours à des aliments transformés ou préparés riches en sodium, sucres ou lipides saturés.

Principe directeur no 3 : Des connaissances et compétences sont nécessaires pour naviguer dans un environnement alimentaire complexe et favoriser une saine alimentation.

Santé Canada recommande :

  • Choisir des aliments nutritifs au magasin et au restaurant.
  • Planifier et préparer des repas et collations sains. 
  • Prendre des repas en famille ou entre amis aussi souvent que possible.

Ce que cela signifie pour les Canadiens

Un plus faible nombre de Canadiens préparent maintenant leurs aliments à partir d’ingrédients de base pour composer des repas culturellement acceptables. Les Canadiens ont de plus en plus recours à des aliments prépréparés ou prêts-à-manger, non seulement en raison de leur manque de compétences, mais aussi en raison de contraintes de temps et de certaines considérations sociales ou économiques.

La planification et la préparation de repas et collations sains à la maison, ainsi que la sélection d’aliments sains à l’épicerie ou lorsqu’on mange à l’extérieur du foyer, figurent parmi les compétences qui peuvent favoriser une saine alimentation. Certaines activités comme la préparation et le partage d’aliments contribuent au plaisir de manger lorsqu’elles se déroulent en famille ou avec des amis. Le fait de prendre ses repas ensemble peut encourager de saines habitudes alimentaires et peut aider les enfants à développer des attitudes positives envers les aliments. Le partage de repas peut aussi fournir l’occasion d’expérimenter des coutumes alimentaires différentes de celles de sa culture d’origine.

L’acquisition et l’utilisation de compétences peut réduire le temps requis pour la planification des menus, la sélection des aliments et la préparation des repas tout en facilitant ces tâches. Les connaissances et les compétences peuvent aider les gens à faire de meilleurs choix, peu importe leur âge, et les encourager à adopter de saines habitudes alimentaires tout au long de leur vie.

La compréhension de l’origine et des modes de préparation des aliments peut favoriser l’adoption d’une alimentation intuitive, comme par exemple prendre le temps de déguster les repas et de se sentir rassasier, être attentif aux signaux de la faim et de la satiété, manger lentement en prenant le temps de savourer ses aliments et éviter les distractions lorsqu’on mange.

Élément D : Considérations

Les recommandations sur la saine alimentation peuvent jouer un rôle important dans l’amélioration de la santé nutritionnelle pourvu qu’elles soient adaptées au contexte canadien, peu importe où les gens vivent, travaillent, étudient ou jouent.

Déterminants de la santé

Les choix alimentaires ne relèvent pas uniquement d’un choix personnel. De nombreux facteurs interreliés ont également un impact sur la capacité de faire des choix alimentaires sains, entre autres l’accès à des aliments nutritifs, la disponibilité de tels aliments, la culture et l’environnement social et physique[1].

Les recommandations sur la saine alimentation proposées par Santé Canada s’appuient sur les meilleures données probantes disponibles. De plus, elles prennent en compte des aliments sains à coût abordable, appréciés par différentes cultures et offerts dans différentes régions du Canada. Par exemple, les produits alimentaires surgelés, emballés ou en conserve représentent des choix pratiques et nutritifs surtout lorsque les aliments frais sont « hors saison », plus chers ou non disponibles.

Les recommandations sur la saine alimentation proposées par Santé Canada visent à améliorer la santé de l’ensemble de la population. Elles prennent aussi en considération les besoins de sous-groupes particuliers pour prévenir une aggravation des disparités injustes et évitables au niveau de l’état de santé[2].

Diversité culturelle

Une combinaison d’aliments nutritifs reflétant les préférences culturelles et les traditions alimentaires peut favoriser la saine alimentation. La composition culturelle du Canada est riche et diversifiée puisque plus de 200 origines ethniques différentes ont été identifiées dans le cadre du Recensement canadien[3]. Les traditions, la culture et les modes de vie des populations autochtones illustrent en partie cette diversité. Chez ces populations, la consommation et la récolte d’aliments traditionnels sont intrinsèquement liées à l’identité et à la culture. Ces coutumes favorisent la santé globale[4].

Environnement

La façon dont les aliments sont produits, transformés, distribués et consommés, ainsi que les pertes et le gaspillage d’aliments, peuvent avoir des conséquences environnementales comme les émissions de gaz à effet de serre, la dégradation des sols, les problèmes liés à la qualité de l’eau et à l’approvisionnement en eau et la perte des ressources fauniques[5]. En 2014, la valeur des pertes et du gaspillage d’aliments était estimée à 31 milliards $ au Canada[6].

Les recommandations sur la saine alimentation proposées par Santé Canada visent avant tout à favoriser la santé. L’adoption d’une saine alimentation peut toutefois avoir des effets potentiellement bénéfiques sur l’environnement. En général, les modèles d’alimentation contenant plus d’aliments d’origine végétale et moins d’aliments d’origine animale sont associés à un impact moins négatif sur l’environnement que les modèles actuels riches en sodium, sucres et lipides saturés[7]. L’application de certaines compétences entourant la planification des menus et l’achat de nourriture peut aussi contribuer à réduire le gaspillage alimentaire à l’échelon des ménages.


[1] Supplément spécial de la Revue canadienne de santé publique 2005. Les facteurs qui conditionnent nos habitudes alimentaires : Où en sont nos connaissances ?

[2]Agence de la santé publique du Canada 2011. Réduire les inégalités en santé : un défi de notre temps.

[3]Statistique Canada. Immigration et diversité ethnoculturelle au Canada.

[4] Chan L, Receveur O, Sharp D, et al. First Nations Food, Nutrition and Environment Study (FNFNES): Results from British Columbia (2008/2009). Prince George: University of Northern British Columbia, 2011; Chan L, Receveur O, Sharp D, et al. First Nations Food, Nutrition and Environment Study (FNFNES): Results from Manitoba (2010). Prince George: University of Northern British Columbia, 2012; Chan L, Receveur O, Batal M, et al. First Nations Food, Nutrition and Environment Study (FNFNES): Results from Ontario (2011/2012). Ottawa: University of Ottawa, 2014; Chan L, Receveur O, Batal M, et al. First Nations Food, Nutrition and Environment Study (FNFNES): Results from Alberta 2013. Ottawa: University of Ottawa, 2016.

[5]Agriculture et Agroalimentaire Canada. 2017. Une politique alimentaire au Canada. Disponible à l’adresse : https://www.canada.ca/fr/campagne/politique-alimentaire.html.

[6] Value Chain Management International. The cost of Canada’s annual food waste. 2014

[7]Dietary Guidelines Advisory Committee 2015: Scientific report of the DGAC: Advisory report to the Secretary of Health and Human Services and the Secretary of Agriculture.  Aleksandrowicz, L., Green, R., Joy, E. J.M., Smith, P., Haines, A. (2016). The Impacts of Dietary Change on Greenhouse Gas Emissions, Land Use, Water Use and Health: A Systematic Review. PLOS ONE. 2016;11(11): e0165797. Nelson, M. E., Hamm, M. W., Hu, F. B., Abrams, S. A.,Griffin, T. S. (2016). Alignment of Healthy Dietary Patterns and Environmental Sustainability: A Systematic Review. Advances in Nutrition: An International Review Journal, 7(6), 1005-1025. doi:10.3945/an.116.012567. Payne, C. L., Scarborough, P., Cobiac, L. (2016). Do low-carbon-emission diets lead to higher nutritional quality and positive health outcomes? A systematic review of the literature. Public Health Nutrition, 19(14), 2654-2661. doi:10.1017/s1368980016000495.